Déni de justice au PG près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matete : Un présumé assassin de son épouse mis en liberté provisoire !


08 Nov

C’est une auxiliaire de la justice qui a connu la mort. Mais c’est cette même justice dont elle est auxiliaire qui affiche ses faiblesses dans le traitement de son dossier de meurtre. Son époux, qui est resté avec un nouveau-né d’une semaine fournit beaucoup d’efforts et cherche comme échapper à la justice. L’organe de la loi semble travailler pratiquement suivant son élan. Ce qui fait peur à sa famille qui a perdu une personne aussi importante. Son frère, Benoît, aussi journaliste ne comprend plus rien dans ce dossier.


Il s’est confié à notre rédaction pour raconter qu’il s’agit de Me Alphonsine Makolo Nyamayabadi. Elle est avocate au Barreau de Kinshasa Gombe depuis 2014. Son bourreau n’est autre que son mari. Sieu Eliezer MBAMBU qui a défendu son mémoire de licence le jeudi 10 octobre 2019 dernier, soit au lendemain de son acte ignoble, renseigne le frère de la défunte.


Le couple habite depuis sise avenue Lutschatsha au n°137 dans la commune de Lemba, non loin du Lycée Mokengeli à Kinshasa, République Démocratique du Congo, renseigne la même source. Pendant que Me Alphonsine était à la maternité, poursuit la même source, le mari a changé d'adresse pour aller au numéro 35 de l'avenue Emancipation au quartier CAMP RICHE derrière l'Eglise Résurrection dans la même commune. Le 03 octobre, Me Alphonsine Makolo quitte la maternité et rejoint le mari à la nouvelle adresse.


Benoît et son épouse, lui ont rendu visite le mercredi 09 octobre 2019 pour voir le bébé, a-t-il poursuivi, tout en indiquant que jusques tard, l’homme n’était pas rentré à sa demeure jusqu’à son départ. Ce n’est que vers 2 heures du matin, soit le 10 octobre, que son beau-frère Eliezer, présumé assassin va appeler son épouse Arlène Kaletshe, aussi journaliste à la RTVS1 pour lui dire que Me Alphonsine est tombée et a perdu connaissance, raconte-t-il. Mme Arlène Kaletshe va demander au mari du de cujus de l’amener à l’hôpital dans la commune de Ngaba, Maman Bobila Dawa où elle venait d’accoucher son nuveau-né. Eliezer s’y oppose et propose d’aller aux Cliniques Universitaires de Kinshasa. La voix au téléphone est d’une personne agitée qui venait de poser un acte grave, souligne la source. Ce qui oblige le couple Benoît de le rejoindre en sa résidence où il venait de partir avec son épouse la veille.


Arrivé à sa résidence vers 2h30, en compagnie de son cousin Samy Kapena, Benoît sera informé que son beau-frère ainsi que sa sœur sont allés à l’hôpital par le fils aîné de la défunte.


A la question de savoir ce qui s'était passé, le fils aîné de la défunte raconte que son père et sa mère avaient connu une altercation verbale jusqu’à en venir aux mains dans leur chambre. Brusquement, son père a quitté la chambre en trombe avec sa torche en mains pour annoncer à l’enfant qu’il se rendait à l’hôpital avec sa mère abandonnant le nouveau-né. Benoît va tenter de l’appeler pour le localiser. Eliezer ne sait se contenir. Il lâche : ‘’Alpha (Me Alphonsine) est morte, je suis en train de remplir les formalités à la morgue’’, a-t-il répondu au frère de la défunte qui se battait pour le rejoindre en compagnie de son épouse et de son cousin. Et ces formalités sont remplies, non aux Cliniques universitaires ; mais plutôt à la Morgue de l’Hôpital Saint Joseph situé dans la commune de Limeté. Ce qui trouble le frère de la défunte et sa compagnie. ‘’Comment a-t-il pu nous tourner en bourrique pendant que nous nous rendions déjà aux Cliniques universitaires’’, s’est étonné le frère de Me Alphonsine, avec larmes aux yeux.


Arrivé à la morgue, le frère du de cujus apprend des gardiens qu’un certain Eliezer est venu avec un corps inerte, le déposer affirmant qu’il l’a ramassé sur


l'avenue Masasu au n°48 dans la commune de Ngaba. Et pourtant, c’est sur cette adresse où vivent les grands-parents de la défunte. La résidence familiale du mari de la défunte, Eliezer se trouve au n° 60 de la même avenue.


 


‘’L’homme a expressément demandé aux gardiens de la morgue de ne laisser personne accéder à ce corps sans vie, en attendant qu'il revienne avec les membres de sa famille pour embaumer’’, raconte la même source qui a indiqué en même temps : ‘’Une fois arrivé avec la nouvelle au n° 60 de l'avenue Masasu, un groupe de 3 jeunes est arrivé vers 06 heures en provenance de Lemba relatant comment ils ont transporté le corps de la maison du couple jusqu'à la morgue sans préciser comment se sont-ils retrouvés au lieu du drame à Lemba à des heures tardives et sans indiquer le nom de celui qui les avait appelés’’, s’est étonné la même source. ‘’Pendant que je réagissais avec colère, poursuit Bénoît, une des tantes du mari va crier qu'ils avaient aussi perdu leur sœur chez les Bangala, sans réagir alors pourquoi les Baluba viennent déranger leur quiétude à cause de la leur ? S’était-elle interrogée avec un dépit incompréhensible dans pareils cas’’, s’est indigné Benoît qui a vite soupçonné que sa sœur doit avoir connu la mort suite à la volonté de son mari pour aller ainsi porter l’affaire devant le Parquet Général près la Cour d’Appel de Kinshasa/Matate. Le PG va lui remettre une réquisition pour interdire l'embaumement du corps et exiger l'autopsie. Arrivé au Secrétariat de l'hôpital, l’on a constaté que le corps n’était pas enregistré. Lorsque Benoît arrive à la morgue en compagnie du Secrétaire de l'hôpital et de l'agent du parquet, ils y trouvent un certain Eric, le grand frère du mari de Mme Alphonsine. Quand celui-ci aperçoit le frère de Me Alphonsine et les agents de l’hôpital et du parquet, il met ses jambes au cou. La plainte sera ainsi déposée par devant les instances judiciaires le lendemain. Et la police criminelle met la main sur le monsieur le même jour, vers 19 heures alors qu'il allait se cacher à LEMBA IMBU.


 


Le surlendemain, la famille exige l'autopsie. Jusqu’à ce jour, les résultats peinent à sortir. Les contacts avec la Conseillère Spéciale du Chef de l’Etat en matière des violences faites à la femme, madame Chantal YELOP, n’ont produit aucun résultat.


Entre temps, le monsieur est transféré au parquet de Grande Instance de Kinshasa/Matete sur demande de ses avocats, et le dossier est enregistré au rôle RMP/69940/PRO/23/019/KIL. Le présumé meurtrier et le père de la défunte sont entendus sur PV par un magistrat. Après son audition, le présumé assassin est mis en liberté provisoire sous caution de 2500$ sans consulter les résultats de l'autopsie, moins encore le PV de son arrestation à la police et aussi sans avis de l'accusé.


 


Comme Me Alphonsine Makolo était aussi du Mouvement citoyen Peuple Likonzi, son frère Benoît et ses amis sont passés dans l’émission ‘’Tokomi wapi’’, du célèbre Député National et ancien journaliste, Eliezer Tambwe pour dénoncer cet état de notre justice qui nage à double vitesse, sans penser, ni aux membres de la famille de la victime, ni à la vérité qu’il faut établir qui pourra consoler les orphelins même plus tard lorsqu’ils grandiront.


C’est ici que la famille de la défunte en appelle au Barreau National et celui de Kinshasa/Gombe pour se lever en vue d’établir la responsabilité dans ce drame qui va leur priver d’un membre aussi important que Me Alphonsine Makolo. Ne pas agir, serait consacrer l’impunité pour laquelle le nouveau Président et son parti ont combattu durant les 37 dernières années.


Nicole Kakese

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