Plainte contre le journaliste élu Député Eliezer Ntambwe : Bruno Tshibala se jette encore dans la boue !


13 Feb

Plainte contre le journaliste élu Député Eliezer Ntambwe :

Bruno Tshibala se jette encore dans la boue !


Pourquoi le Premier Ministre Tshibala ne veut pas tirer des leçons de ses erreurs ? Qu’a-t-il gagné dans son attaque en justice contre Peter Tiani qui est parti de la Prison à la Coordination de la Cellule de Communication du Président de l’Assemblée Nationale ? Pourquoi ne peut-il pas faire confiance aux instances de régulation et d’autorégulation des journalistes ? Telles sont les questions que ne cessent de se poser les observateurs au regard du comportement combien agité toutes les fois que le Premier Ministre Tshibala est critiqué dans les medias.

Comme s’il n’avait pas suivi les conseils lui prodigués par Joseph Kasonga Tshilunde, Président de l’UNPC, lorsqu’il est allé plaider le cas de Peter Tiani, Bruno Tshibala a encore attaqué un journaliste en justice.

En effet, Bruno Tshibala a, par l’entremise de son avocat-conseil, déposé le 05 février dernier une plainte contre le journaliste devenu député national, Eliezer Ntambwe à la Cour de cassation. Le Chef de l’Exécutif congolais le poursuit en justice pour diffamation. En effet, le journaliste-député aurait déclaré dans une vidéo sur les réseaux sociaux ‘’Bruno Tshibala laisse une primature sans climatiseurs opérationnels, avec des toilettes sales. Ses enfants ont gaspillé inutilement l’argent et ont tous échoué’’.

La lecture de ce brulot laisse penser qu’il a été fait en toute précipitation et sans le respect des règles de l’art : ‘’Je soussigné Monsieur Bruno Tshibala’’, commence la plainte, mais c’est son avocat qui signe.

Il est vrai que toute personne lésée est en droit de saisir la justice pour réparation du préjudice subi. Cependant, il y a une catégorie des personnes, au regard de leurs fonctions ou notoriétés qui les soumettent à des sévères critiques, doivent s’interdire des réactions épidermiques sous l’influence de leurs collaborateurs. Bruno Tshibala comme cadre ou membre de l’UDPS, n’attirait pas du tout l’attention de tous les congolais. Devenu premier ministre, ses faits et gestes sous actuellement suivis à la loupe parce qu’il est un homme d’Etat. Si Joseph s’était comporté comme lui le fait à tout moment, tous les journalistes et opposants politiques seraient en prison.

Y a-t-il vraiment diffamation lorsqu’un journaliste révèle qu’il y a des climatiseurs non opérationnels et des toilettes non propres à la primature ? Au contraire, cette alerte pouvait être interpellatrice pour le premier ministre étant donné que la Primature n’est pas que le bâtiment qui abrite son bureau, mais plutôt c’est l’ensemble de cette dizaine de bâtiments dans l’enceinte de la concession. Le premier ministre visite-t-il quotidiennement tous ces bâtiments pour se rendre compte personnellement de l’état des climatiseurs et des toilettes ? Une fois, Scooprdc.net lui avait rappelé que le climatiseur de son antichambre suintait et grâce à cette interpellation, les services l’avaient vite réparé.


Au lieu de vite se plaindre devant la justice, il aurait fallu pour le premier ministre vérifier d’abord si son intendance fait correctement le travail. Contrairement du temps de Matata Ponyo, il n’y a plus de papiers hygiéniques blancs dans ces toilettes qui ne sont non plus entretenues avec des produits comme auparavant. Les agents de la Primature s’en plaignent et cela arrive dans les oreilles de la presse. Par cette agitation du premier ministre, peut-on alors comprendre que c’est lui qui ne donne plus l’argent pour l’entretien général de la Primature ? Sinon, il sanctionnerait les responsables de l’intendance.

Quant à l’allégation du gaspillage de l’argent, les images ont circulé dans les réseaux sociaux montrant l’un de ses enfants acheter du champagne à tout le monde dans une boîte de nuit. Est-ce une dépense rationnelle ? Aussi, en quoi le fait de dire que les enfants du premier ministre ont gaspillé l’argent et ont échoué, constitue-t-il vraiment une diffamation ?

Souvent, les collaborateurs et les avocats induisent les autorités dans l’erreur. Sachant que ces dernières d’habitude vexées par les articles de presse, ont toujours tendance à se venger, ils font des pareilles occasions des moments très favorables pour leur soutirer indûment de l’argent dans des procès expéditifs et souvent peu productifs. Le gouverneur Alphonse Ngoyi, avions-nous appris, avait dépensé plus de 10 mille USD dans son affaire avec le même Eliezer. Pour quelle finalité : trois mois de prison pour le journaliste qui y sort ragaillardi par une célébrité gratuitement lui offerte, et l’opprobre sur le gouverneur plaignant qualifié de prédateur de la liberté de la presse. Tout ça, à cause des collaborateurs et avocats jouisseurs.


Le premier ministre Bruno Tshibala qui en a l’expérience pour s’être attiré la foudre de la presse dans le dossier Peter Tiani, devra s’inscrire à l’école de caméléon qui, avant de poser sa patte sur une branche d’arbre, se rassure. Lorsqu’un journaliste écrit ou parle, c’est peu de gens qui l’ont lu ou l’ont écouté. Mais lorsqu’il est arrêté pour ce qu’il a fait, c’est le monde entier qui voudra savoir ce qu’il avait dit. Et le fait de l’emprisonner le rend gratuitement célèbre. C’est ce que les autorités devraient éviter. Les démentis et les mises au point sont des moyens appropriés pour réagir contre des reportages ou des articles de la presse, jugés moins corrects.


Contacté par la presse, Eliezer Ntambwe ne cache pas sa surprise : ‘’On a été surpris dans les réseaux sociaux, ce n’est pas le magazine Tokomi Wapi mais c’est monsieur Ntambwe qui est accusé par M. Bruno Tshibala alors Premier ministre, qui nous accuse de l’avoir diffamé. Les faits qu’il relève dans sa plainte, selon ce que j’ai vu sur les réseaux sociaux, je ne sais pas si c’est une photoshop, il dit que j’ai dit que les toilettes de la primature étaient sales et que la climatisation ne fonctionnait pas, je ne sais pas si cela constitue une infraction ?”, a-t-il expliqué.

Mais le Premier ministre ne s’arrête pas là et reproche à Eliezer d’avoir affirmé que ses enfants avaient échoué aux élections.

A ce sujet, le député national renvoie Tshibala aux résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). ‘’Il fallait commencer par accuser M. Nangaa qui n’a pas déclaré les enfants de Bruno Tshibala élu”, a laissé entendre le patron du magazine Tokomi Wapi.

A l’accusation de Tshibala sur les prétendus propos de Eliezer comme quoi, il serait au dessus du Premier ministre, l’homme un peu hésitant se pose la question de savoir si cela est faux d’autant plus que pour lui, à en croire la Constitution, étant député national, il a qualité d’interpeller le Premier ministre alors que l’inverse n’est pratiquement pas possible.

‘’J’estime que je suis autorité vis-à-vis de M. Tshibala, insiste-t-il.

À sa décharge, Ndeko Eliezer estime qu’il était dans son rôle de politique et que Bruno Tshibala veut dévier l’attention sur le fond de l’affaire qui reste son décret sur les avantages qu’il s’est octroyés avec ses ministres.

Eliezer dit être menacé par les proches de Tshibala qui envisagerait même de l’enlever.

Officiellement, l’élu de la Lukunga à Kinshasa se dit non saisi mais espère que le Premier ministre et ses conseils vont suivre la procédure qui va bien au delà de la simple saisie de l’Union nationale de la presse du Congo.

”Nous sommes dans ce que nous appelons double dépendance, en tant que journaliste, je dépend de M. Kasonga Tshilunde mais en tant que député national, il y a tout un bureau, il faut suivre la procédure parce qu’il n’y a pas de cas flagrance”, a-t-il conclu.

Bremed Mankutu


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