Matuku et Kabwelulu vendent Antoine Gizenga à vil prix


24 Mar
  • *Wolf Kimasa, meilleur chorégraphe des élections de 2011, désigné pour jouer de nouveau dans un spectrale de la honte !

Honte et opprobre pour le plus ancien parti politique de l’Opposition armée et politique de la RDC, Parti Lumumbiste Unifié du patriarche Antoine Gizenga. Ce parti dont certains cadres ont décidé de résilier le contrat qui le liait à la Majorité Présidentielle a été au centre d’un scandale au début de cette semaine lorsqu’il a été annoncé que son chef, le Patriarche Antoine Gizenga sur la chaise roulante comme le Président algérien a été reçu lundi par le Président Joseph Kabila. Si rien n’a filtré de l’entretien entre les deux hommes, une photo de la rencontre permet d’en comprendre les enjeux, observe l’hebdomadaire africain, Jeune Afrique. 

Aucun communiqué officiel n’a sanctionné la rencontre. Juste deux ou trois photos, opportunément relayées par l’équipe de communication de la présidence de la RDC, pour confirmer l’effectivité du rendez-vous entre Antoine Gizenga et Joseph Kabila. D’autant que, quatre jours plus tôt, de fausses rumeurs circulaient déjà sur la Toile autour d’un tête-à-tête entre les deux hommes à la résidence du Patriarche. Ce sont les communicateurs de la Majorité Présidentielle qui ont conçu et largué ce mensonge qui avait été démoli par les cadres du PALU.

Du coup, ce lundi 19 mars, c’est bien le patriarche et chef du Palu, malgré ses 92 ans, qui a fait cette fois-ci le déplacement de sa résidence à celle du Chef de l’État, située au quartier « GLM », au centre-ville de Kinshasa. De quoi ont-ils parlé ? « Je n’ai pas le droit de m’exprimer là-dessus. Veuillez vous référer aux instances du parti », répond, laconique, Serge Lukoki, Secrétaire particulier d’Antoine Gizenga, pourtant présent lors de l’entretien.

La photo publiée sur le compte de la célèbre journaliste Barbara Nzimbi en dit long sur cette rencontre. On y voit en effet Serge Lukoki assis entre le Chef de l’État et le leader du Palu. Marié à la fille de Ida Nzumba, nièce d’Antoine Gizenga, et de Lambert Matuku Memas, ministre du Travail – présents tous les deux dans la délégation -, il a la confiance du patriarche. Très affaibli par l’âge, ce dernier perd petit à petit son audition et sa voix devient de plus en plus inaudible. Lukoki lui sert donc à la fois de porte-voix pour transmettre ce qu’il dit et de haut-parleur pour lui répéter dans l’oreille ce que disent ses interlocuteurs.

Mais « pas sûr que le vieil homme ait encore tout son esprit », souffle un visiteur régulier de la famille. Ce dernier fait aussi remarquer qu’Antoine Gizenga est assis sur un fauteuil différent des autres. Faute de pouvoir marcher seul, il se serait rendu de son véhicule à la salle d’audience, porté sur la chaise roulante. En août dernier déjà, c’est la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) qui avait emmené ses matériels à la résidence d’Antoine Gizenga afin qu’il soit inscrit sur le nouveau fichier électoral.

Sur une autre photo, on peut clairement apercevoir Ida Nzumba qui se tient à droite d’Antoine Gizenga (voir ci-dessous). Après le divorce retentissant début 2016 entre le vieil homme et son épouse, « c’est elle, la nièce, qui pallie le vide laissé », la source de Jeune Afrique. À l’en croire, avec l’aide de sa fille, Ida Nzumba assiste son oncle et en prend soin au quotidien. À chaque instant.

Ils ont emmené et exhibé le vieux à Kabila comme un trophée

Ont également assisté à l’entretien et identifiables sur la même photo Wolf Kimasa, fraîchement nommé secrétaire permanent du Palu en remplacement de Lugi Gizenga, fils d’Antoine Gizenga, et Martin Kabwelulu, cadre du parti et indéboulonnable ministre des Mines. C’est en fait le tableau complet de ceux qui se sont opposés à la tentative du rapprochement de ces derniers jours entre leur formation politique et des partis d’opposition.

Ce sont eux en effet qui viennent de remporter la bataille interne du positionnement politique du Palu. Et ils sont venus en rassurer le président de la République. Dans leur gibecière, « ils ont emmené et exhibé le vieux [Gizenga] à Kabila comme un trophée », se désole un cadre du Palu. Lugi Gizenga et l’ancien Premier ministre Adolphe Muzito, qui ont proclamé la fin de l’alliance avec la famille politique de Kabila, ont été révoqués, le 15 mars, des instances du parti.

Ces désormais ex-haut-responsables du Palu considèrent en effet que l’accord qui liait leur parti et le camp présidentiel en 2006 et en 2011 avait pris fin depuis 2016, date de la fin théorique du second mandat constitutionnel de Kabila.

Serge Lukoki, lui, n’a pas été inquiété alors qu’il a cosigné avec les deux autres – Lugi Gizenga et Adolphe Muzito – le communiqué conjoint sanctionnant le contact entre le Palu et le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.

Aujourd’hui, Gizenga fils encaisse. « Il ne veut pas désacraliser davantage le père », estime une source au sein du Palu.

Quelle vente macabre pour ces deux ministres qui veulent garder leurs avantages au sein du Gouvernement pour vendre à vil prix celui qui est une icône dans l’histoire politique de la RDC. Pourquoi cracher sur la lutte de cet homme dont le contenu du livre d’or n’a pas encore été révélé ?

Les jours à venir nous réservent de grandes surprises, parce qu’Adolphe Muzito ne va pas désarmer surtout que Godefroid Mayobo, un des bras droits du Patriarche a refusé de le remplacer comme Secrétaire permanent adjoint.

Yandi Kaka

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