Formation du nouveau Gouvernement : KABILA-TSHISEKEDI déjà à couteaux tirés


25 Feb

Formation du nouveau Gouvernement :

KABILA-TSHISEKEDI  déjà à couteaux tirés

Qui va l’emporter ?

Une guerre qui ne dit pas son nom s’observe depuis deux semaines entre les deux partenaires au pouvoir, Cap pour le changement, CACH, conduit par le nouveau Président élu de la République et le Front Commun pour le Congo, FCC, conduit par l’ancien Président. Tout semble être parti du jour du banquet offert au Corps diplomatique à l’occasion d’échanges de vœux. Un banquet qui a été proposé par She Okitundu, Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, grand faucon du camp Kabila, qui a tenté d’introduire un paragraphe qui allait assassiner l’avenir du Président Félix-Antoine Tshisekedi. Un paragraphe en rapport avec la levée des sanctions contre certains dignitaires du régime Kabila impliqués dans les violations graves des droits de l’homme. Félix-Antoine Tshisekedi a refusé de lire cette phrase.

Le gestuel

Deux jours après, son prédécesseur vient le voir. Apparemment embarrassé par l’attitude de celui que Fayulu et ses adeptes présentent comme ‘’Président nommé ou protocolaire’’. Les postures sont choisies à dessein. Le Président Joseph Kabila se comporte en boss. Il choisit la voie vers la résidence de celui qui l’accueille. C’est la com. Les gestes le montrent, par le jeu des doigts, qu’il est chef. Félix-Antoine Tshisekedi garde ses mains en poche pour imposer son autorité. Rien n’exfiltre de cette rencontre.

La guerre

C’est la suite des événements qui indiquent que Joseph Kabila est allé annoncer à ‘’son partenaire’’, qu’il s’est auto-nommé ‘’Informateur’’ pour identifier la majorité au sein de l’Assemblée Nationale. Mercredi 20 février 2019, tous les patrons des groupes parlementaires ayant au moins un député au sein de l’Assemblée Nationale sont convoqués à Kingakati. Un acte d’engagement, comme celui de Genève, mais beaucoup plus coercitif est placé devant eux. Ils doivent le signer. Joseph Kabila est en simple chemise, devant les chefs des regroupements politiques. Premier à signer l’acte qui consacre Joseph Kabila comme le Guide Suprême de la famille politique, c’est le plus redoutable en termes de sa quête d’indépendance d’esprit ou de liberté. Modeste Bahati, sans avoir lu, il appose sa signature. Tout compte fait, le FCC se présente avec plus de 300 députés nationaux. Kabila coupe l’herbe sous les pieds de Tshisekedi.

Ça murmure dans l’opinion

Celui-ci descend dans l’opinion. Surtout à la permanence de son parti UDPS où on le croit pris en otage. Son tempérament d’un homme de paix, très conciliant et très diplomate contribue à cette baisse dans l’opinion surtout qu’il ne compose même pas son Cabinet, il ne nomme pas à des postes stratégiques qui n’exigent pas la majorité au Parlement notamment Sa Maison Militaire, Sa Maison Civile, l’ANR, la RTNC, l’ACP…

USA au chevet de Félix-Antoine Tshisekedi

Réaction, ce sont les USA qui frappent les proches de Joseph Kabila. Un message qui transparait comme bouffée d’oxygène pour un Félix-Antoine Tshisekedi laissé à terre par Kabila. Alors qu’il était attendu de Tshisekedi la demande de la levée des sanctions contre les proches de Kabila, c’est la liste qui s’allonge. Ces sanctions sonnent comme un message à l’entourage de Kabila qui veut s’imposer sur le nouveau Président à qui ils veulent dicter une marche à suivre. Un message aussi à Félix-Antoine Tshisekedi, qui devra aussi savoir comment jouer avec son allié encombrant dont les attitudes traduisent qu’il n’a pas besoin de s’effacer au devant de la scène. Qu’il devra ne pas remettre ceux qui sont prêts à commettre d’autres crimes au pouvoir.

L’issue est difficile                                 

Qui va l’emporter ? Difficile de pronostiquer surtout que cette guerre a commencé depuis Ibiza, passant par le Centre Interdiocésain où contre toute attente, Félix-Antoine Tshisekedi asséna un coup dur à Joseph Kabila qui le mit dos du mur. Félix-Antoine Tshisekedi, alors Président de la délégation de l’Opposition aux assises du Centre Interdiocésain sous les auspices de la CENCO mit fin à toute polémique sur la représentation de Joseph Kabila à la présidentielle par les incises placées à dessein dans l’Accord de la St Sylvestre :’’Pas de troisième mandat, pas de référendum et pas de révision constitutionnelle’’. Un verrou qui a mis chaos Kabila et qui a démontré le manque de stratégie dans ses proches qui avaient presque trahi. Raison pour laquelle, Emmanuel Ramazani Shadary, connu pour un des farouches défenseurs du Chef avait été récupéré pour annoncer que la MP a signé sous réserve. Une réserve vite levée, lorsque Kabila passe à la vitesse supérieure avec la mort du Président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi wa Mulumba dont un des alliés, Raphaël Katebe Katoto, qui avait été aperçu comme dernier au chevet du lit du malade est vite rentré dans les grâces de la Majorité Présidentielle qui l’accueille avec pompe, pendant que son avocat, Me Moïse Chokwe est dans les geôles de la DEMIAP pour ‘’avoir conspiré contre le Président de la République dont l’argent 800$ envoyés par lui et remis aux hommes du Président de l’ULD devait consister à tuer Joseph Kabila’’. Mais Katebe est blanchi. Son avocat court vers la mort. L’UDPS est à terre. La MP impose Tshibala. Elle est divisée et affaiblie. Kabund, Kabuya et Kazadi, respectivement Secrétaire Général, Secrétaire National et Porte-parole de l’UDPS et Conseiller juridique du Président Tshisekedi, tentent de garder le temple. Ils résistent jusqu’à la tenue du Congrès qui remet le parti entre les mains de Félix-Antoine Tshisekedi. On s’approche vers les élections, le parti est disséqué en quatre. Mova Sakanyi, Vice-ministre et Ministre de l’Intérieur est à la manœuvre.

Nouvelle attaque de la MP, c’est l’imposition de la machine à voter pour tirer l’Opposition vers le boycott. L’UDPS saisit le jeu. Elle s’engage à aller aux élections avec ou sans la machine à voter surtout que ses nouveaux alliés semblent être venus dans l’Opposition pour besoin de blanchiment et de positionnement afin de rentrer à la mangeoire.

Une stratégie qui semble avoir marché après avoir déjoué la trahison de Genève dont la recette a échappé au camp Kabila qui a été obligé de se soumettre à la vérité des urnes qui a consacré la victoire du plus vieux parti politique qui a lutté plus de 38 ans pour l’avènement d’un Etat de droit en RDC.

La prochaine attaque semble venir du FCC avec la rencontre d’hier où Joseph Kabila a rencontré tous les députés élus et inscrits sur les listes des regroupements politiques emprisonnés.

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