Face aux enjeux de la mondialisation et de la croissance démographique : La recette de Jordan Nyamabo et de Mozes Kalukumbi à FATSHI


05 Jul

‘’2019 est à sa moitié, notre pays la République Démocratique du Congo comptera d’ici à 2035, plus de 120 millions d’habitants dont environ 24 millions auront entre 15 et 24 ans.

En 2020, vont naitre ceux qui auront 15 ans en 2035 et ceux-là qui auront 24 ans sont déjà à l’école primaire’’, tel est le cri d’alarme des deux jeunes étudiants, analystes politiques qui lisent les chiffres qui effraient au regard des enjeux de la mondialisation et de la croissance démographique. Eux, c’est Jordan Nyamabo et Mozes Kalukumbi qui a transmis cette analyse à notre rédaction que nous reproduisons intégralement dans les lignes qui suivent. Espérons que les décideurs s’y pencheront et que certains malsains esprits ne se permettront pas de plagier cette réflexion d’une haute facture.


Alors que je présente ces chiffres qui ne sont qu’estimations, je signale en même temps que ceux-ci ne prennent pas en compte les Congolais de l’étranger estimés à environ 8 millions d’habitants pour qui un retour au pays est plus qu’imminent. Cela dit, l’explosion démographique pourra sans doute être beaucoup plus importante qu’on ne la projette. Un risque de surchauffe démographique se profile-t-elle à l’horizon 2035. Sans doute au regard de ces chiffres.

Du point de vue de la sous-région, certains voisins du fait de la discipline dans la transformation de leurs économies, auront probablement des ambitions de plus en plus hégémoniques accompagnées d’une nécessité accrue à s’étendre au-delà de leurs frontières.

Du point de vue général, la mondialisation s’accélérant, le besoin du capital à saisir les opportunités dans de nouveaux marchés s’accroissent. Or, le Congo s’étant démocratisé politiquement ; mais surtout, libéralisé économiquement va constituer un nouveau marché que le capital s’empressera de courtiser tel le diable courtise les enfants de Dieu. C’est alors là que le Congo aura fort à arbitrer. Dans ce contexte, soit, primo, on accepte un nivellement vers le bas des salaires au profit du capital c’est-à-dire. des implantations industrielles avec pour effet immédiat l’emploi des masses, question de répondre à la forte offre du travail (demande d’emploi)… gare aux inégalités! A ce titre, je me permets de citer l’Ethiopie qui a fait les frais d’une mondialisation brutale. Alors que sa croissance galope autour de 7, voire 10%, l’Ethiopie est comptée parmi les pays à faible revenu avec 768 USD par habitant (466 USD pour le Congo) et classée 211ième /288 pays mondial selon l’IDH et un salaire de 26 USD/mois pour les salariés des usines. Il y a donc dans cette économie florissante des gagnants et des perdants de la mondialisation.

Soit, secundo, on peut aussi dans une logique beaucoup plus longtermiste investir massivement dans la formation professionnelle pour ceux qui n’ont pas encore intégré le monde professionnel en ciblant les métiers pourvoyeurs d’emplois. Cela aura le mérite de valoriser la main d’œuvre à l’embauche. Mais pas sûr qu’elle soit une solution populaire du fait du retard que pourrait occasionner l’entrée effective dans le monde pro.

Des marges de manœuvre à saisir

Toutefois, les motivations du choix qui sera fait devront être en mesure de préparer à la prospérité, à la lutte contre le creusement des inégalités d’ici 2035.

L’avantage du Congo est qu’à l’heure actuelle, il a été témoin du développement de beaucoup de pays en Afrique et dans d’autres pays du monde. Il peut alors en s’inspirant d’eux et de ce qu’il a en lui, créer les conditions pour son propre modèle de développement.

Il est un point qui revêt une importance capitale dont certains pays qui, en se développant n’avaient pas tenu compte, il s’illustre en cette petite comparaison : Israël : 8 millions d’habitants=350,9 milliards USD ; le Congo 81,34 millions d’habitants=37,24 milliards.

Comment un pays sans ressources considérables et à faible population relative peut-il produire autant ?

Le savoir par l’éducation ! En effet, l’éducation est la clé de voute pour être compétitif dans la mondialisation. Il va falloir quoiqu’il arrive investir massivement dans l’éducation dès à présent pour donner aux générations de 2035 les armes de défense à la mondialisation. Il faut que les quelques 24 millions de jeunes soient capables d’inscrire durablement le Congo sur la liste des acteurs de la mondialisation. Pouvoir bâtir une économie qui repose sur le savoir est fondamental pour deux raisons principales : le savoir ne tarit pas et il est un jeu à somme positive.

Il faut donc bâtir une économie de la connaissance. Pour cela, il faut agir maintenant pour 2035 à travers son levier qu’est l’éducation.

Il nous faut donc un nouveau projet pour l’éducation nationale dès maintenant, ce projet décomposé en hard et soft se décline ainsi :

D’abord en commençant de la maternelle jusqu’à l’université.

Dans le Hard : réduire le nombre d’écoliers par classe, créer plus d’écoles, augmenter le salaire de profs. Créer de pôles technologiques et d’innovation.

Dans le soft : il faut aider ces jeunes à trouver très rapidement le domaine dans lequel ils se sentent heureux et peuvent être créatifs. L’école pour ceux qui viennent ne doit pas être une corvée.

Dès la maternelle : initier les jeunes à l’informatique, les langues, au concept du développement durable, à l’ouverture, former les enseignants perpétuellement, susciter l’intérêt pour les maths avec des applications à caractère ludique.

Aux primaires : introduire les bases de l’entreprenariat, de la confiance en soi, de la prise des risques.

Aux secondaires et humanitaires : Approfondir les notions de l’entreprenariat et la gestion de l’entreprise.

Il faudra qu’une fois le diplôme décroché que tout le monde ait la possibilité de se réaliser. C’est en cela que L’importante démographie ne devrait plus être perçue comme un leurre mais plutôt comme un atout, gage d’une croissance tirée de la consommation interne.

Tant de choses à ajouter pour faire du Congo une nation véritablement forte et prospère : la mise en place d’un système financier qui permette aux PME de faire face à leurs problèmes de trésorerie et à se développer, de la culture en tant qu’élément du bien-être national…

Les ressources sont là. Elles sont naturelles, prisées de grandes puissances et convoitées de voisins. Si bien qu’elles accroissent le risque de déstabilisation, mais si elles sont stratégiquement utilisées, elles peuvent permettre d’inverser les rapports de force vis-à-vis de certains pays. Mais beaucoup rendre la fiscalité beaucoup plus souple aux générations à venir.

Les ressources, elles sont aussi humaines, plus de 100 millions d’habitants, cela constitue un véritable marché des consommateurs, si on travaille pour leur éducation et qu’il s’en suit l’accroissement de leur pouvoir d’achat alors on aura été à la hauteur des enjeux.

Face à ses innombrables défis internes et externes, le Congo n’a d’autres choix que de faire vite !

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