Echec du FCC à la Vice-présidence : Evariste Boshab victime d’un complot !


30 Jul

Un baobab est tombé ! Celui que l’on tient comme le premier enseignant de Joseph Kabila en politique. Celui qui lui a appris les B.A.B.A de la politique qui se serait même donné la peine de lui apprendre comment bien parler en français et comment se tenir debout devant les gens. Le plus grand stratège qui a produit lors de la dernière législature plus de 170 Députés pour le PPRD avec sa stratégie :’’PPRD et sa mosaïque’’. Evariste BoshabMabudj-Ma-Bilenge, Professeur des Universités, Constitutionnaliste, l’attaquant n°1 pour la conservation du pouvoir de Joseph Kabila. Il a conçu la théorie de l’inanition de la Nation congolaise pour réussir le maintien de Joseph Kabila par la révision de la Constitution. Il a conçu la théorie de la prolongation du mandat de Joseph Kabila à travers l’organisation du recensement par l’Office National d’Identification de la Population, ONIP, comme condition sine qua non avant l’organisation des élections législatives et présidentielles en 2016. Une thèse qui a été défendue et imposée à l’Assemblée Nationale les jours fériés de la commémoration des Héros Nationaux, Lumumba et Kabila Laurent Désiré. Il n’a pas réussi. 

La rue a obligé le Sénat à élaguer la disposition relative à cette prolongation. Il a fallu mort d’hommes. C’est l’homme-orchestre dans la conception du premier calendrier de la CENI sous l’Abbé MuhululunguMaluMalu Apollinaire qui n’avait prévu que les élections locales sans les législatives nationales et la présidentielle. C’est aussi sous son règne à tête de la Vice-primature et du Ministère de l’Intérieur et Sécurité, que le plan d’embrasement du Kasaï, à travers l’élimination physique du Grand Chef KamuinaNsapu a été exécuté pour permettre le prolongement du mandat lorsqu’il a été établi la non organisation d’enrôlement des électeurs dans cette partie de la RDC.

Dernier échec

Il était attendu en 2012, Premier Ministre à l’issue des élections qui avaient consacré son parti PPRD, comme première force de la Majorité Présidentielle de l’époque. La nomination d’Augustin MatataPonyo, fut une désagréable surprise, aussi bien pour lui que pour son entourage.

Rebond 

Il a rebondi dans l’installation du nouveau Secrétaire Permanent du PPRD, lorsqu’il lui a été demandé de présider à la remise et reprise et à son installation après la révision des textes régissant cette formation politique.

Mauvais casting

On ne peut pas aligner deux leaders sur la même liste. Dans la mesure où Alexis ThambweMwamba avait été désigné et imposé par Joseph Kabila, Autorité Morale du Front Commun pour le Congo, il n’était pas indiqué que le professeur Boshab soit son colistier surtout au poste sans enjeux de 1er Vice-président. C’est l’analyse d’un spécialiste de la scène politique congolaise. Parce qu’Alexis ThamweMwamba est proche ou étiqueté PPRD. Aligner un autre poids lourd du PPRD était le suicide de l’un ou de l’autre. C’est là que se situe le complot. Peut-être que Bahati avait raison lorsqu’il a été écarté sans qu’il ne soit associé à la dernière décision du Président Honoraire Joseph Kabila. Cette dérive a sensiblement joué contre Boshab.

Parce que, seul Thamwe a été imposé par Joseph Kabila. Les autres candidats sur la liste ont été les propositions de différentes plateformes, membres du FCC proportionnellement à leurs poids politiques respectifs, lors de la conférence des Présidents. Mais ces propositions ont aligné les deux très engagés dans la protection du régime de Joseph Kabila. Qui se croient ne devoir qu’à l’Autorité Morale et rien qu’à elle. Celle-ci n’a fait qu’entériner, tout en sachant que ce serait très difficile. Surtout face à un ami proche de Félix-Antoine Tshisekedi, Président du CACH avec qui Joseph Kabila est en coalition.

Là, les initiés affirment que l’information a circulé en vase clos. Loin d’Evariste Boshab qui a décrété son isolement face, et à ses amis, et à ceux qui se considèrent comme ses frères qui voulaient l’avertir. Seuls les initiés du FCC savaient qu’Evariste Boshab ne pouvait pas passer. Et le message aurait circulé pendant qu’un de ses petits au sein de cette Chambre Haute se battait becs et ongles pour mener sa campagne. C’est ça le complot ! Crie ce spécialiste.

Les faiblesses d’Evariste Boshab

Les pourfendeurs d’Evariste Boshab se sont recrutés au sein du FCC. PPRD comme alliés au sein du FCC ne supportent pas Evariste Boshab qu’ils trouvent encombrant et très plein, fait remarquer un cadre de ce parti sous couvert de l’anonymat. Ils ont exploité plus ses faiblesses pour le couler. Ils semblent avoir bien étudié l’homme pour exploiter ce qui pouvait contribuer à sa chute. Ils ont réussi au moment le plus crucial. 

Conflictuel et impulsif 

Evariste Boshab est réputé en perpétuel conflit avec ses pairs aussi bien du PPRD que ceux de l’espace Kasaï, en particulier de sa province. Même dans sa famille biologique intime, Evariste Boshab aurait difficile à partir avec ses propres frères et sœurs. Leurs enfants: neveux et nièces vivraient loin de leur oncle qui a érigé une barrière qui ne leur permet pas de jouir des avantages liés à l’appartenance à la famille de l’homme le plus puissant autour de Joseph Kabila.

Ses comploteurs sont allés plus loin pour explorer ses relations scrabbleuses avec ses anciens intimes, notamment James Mbengele, ancien ADG du FPI, élu dernièrement Député National et l’honorable Maker MwanguFamba avec qui, il a régné en duo sur l’ancienne province du Kasaï-Occidental.

Les réseaux de ces deux leaders ont été mis à profit pour démontrer que l’homme n’est pas un rassembleur, mais plutôt le plus grand diviseur. Son perpétuel conflit de leadership à Mweka, comme à Tshikapa a renforcé les officines du FCC pour avoir l’homme que l’on croit encombrant autour de l’ancien Chef de l’Etat.  Le tout dernier élément exploité dans l’enlisement d’Evariste Boshab est son imposition de Me Dieudonné Pieme à la tête de la province du Kasaï, sans consulter les autres leaders qui l’ont attendu au tournant pour lui régler les comptes.

Ses pourfendeurs ne pouvaient donc que compter sur ces conflits pour ratisser large contre lui en faveur de Samy Badibanga jugé moins conflictuel et proche du Président de la République.

L’ancienne configuration du Grand Kasaï

Autre faiblesse dans la réussite d’Evariste Boshab, c’est le nombre des Sénateurs suivant la configuration des deux anciennes provinces de l’espace Grand Kasaï. Les Sénateurs des trois nouvelles provinces qui constituaient l’ancien Kasaï-Oriental, auraient tous jeté leur dévolu sur l’un des leurs, Samy Badibanga comptant sur leur nombre 12 en fonction des quatre Sénateurs par province de Sankuru, de Lomami et du Kasaï-Oriental. Ces 12 Sénateurs ont fait bloc contre les 8 sénateurs de l’ex Kasaï-Occidental : Kasaï-Central et Kasaï qui avaient chacune 4 Sénateurs. Le Sankuru, le Lomami et le Kasaï-Oriental ont voté le leur, soit 12 contre 8 du Kasaï et du Kasaï-Central. Une faiblesse qui a défavorisé Boshab.

Piège du FCC

Evariste Boshab est tombé dans le piège du FCC. Alexis Thamwe est sous procédure par devant les cours et tribunaux, en Belgique, comme aux Etats-Unis d’Amérique ; tandis qu’Evariste Boshab est sous sanctions. Sous sanctions occidentales, Evariste Boshab y a fait allusion dans son discours de campagne pour se défendre comme nationaliste et que celles-ci n’allaient pas avoir des conséquences sur la gestion de la Chambre Haute. Ce qui l’a davantage défavorisé avec la contre campagne qui a été menée dans les réseaux sociaux, et contre lui, et contre Alexis Thambwe Mwamba dont certaines informations d’intox ou Fake news ont fabriqué un mandat d’arrêt de la CPI et que ses ordres de mission pour les USA ou l’Europe ne seront pas admis ou acceptés.

Entre temps, c’est la candidature de Mukolowa Pombo qui était attendue par le Grand Equateur et celle du Dr Lola Kisanga, par la Grande Orientale pour des raisons d’équilibre géopolitique. N’ayant pas gagné gain de cause, les deux grands espaces auraient monté des stratégies pour stopper Evariste Boshab qui a fait du ticket FCC, une histoire de monstre. Et vite, le baobab est tombé dans ce piège.

Manque de campagne électorale

Evariste Boshab n’a pas battu campagne. Imbu, orgueilleux et arrogant, Evariste Boshab était sûr de la discipline du FCC derrière le mot d’ordre de l’Autorité Morale, oubliant que le contexte a changé et que même Joseph Kabila s’adapte à ce nouvel environnement politique. Il est resté injoignable aux appels de ses proches et de ceux qui devaient lui donner les informations, et sur le complot, et sur le piège. Même un Député élu de Tshikapa, mis au parfum de la cabale montée contre ‘’son frère Bush’’ dit ‘’avoir tenté en vain de le joindre pour le mettre au parfum de ce qui se concoctait contre lui’’. Ses appels et sms sur le téléphone du meilleur élu de Mweka sont restés sans succès. Il n’avait donc ses yeux que pour pleurer ne se servant pas de ce qui est arrivé à Lambert Mende au Sankuru.

FCC-CACH : camp de la patrie

Autre donne qui a échappé à Evariste Boshab, c’est le contexte de la nouvelle coalition qui guide les deux grands hommes à la tête des deux familles politiques : Félix-Antoine Tshisekedi et Joseph Kabila dont les sorts sont liés. Il n’y a que deux et deux seuls qui savent le secret du deal qui les lie. Personne ne le sait. Face à une fronde montée par Modeste Bahati avec ses soutiens soupçonnés du Président Denis Sassou et de Lamuka, Joseph Kabila ne pouvait que capituler en dernière minute pour lâcher Evariste Boshab en faveur de son nouvel allié. Et c’est ce qui est arrivé. Ce qui justifie, à en croire un des Sénateurs sur le bateau pour la veillée, de Kinshasa en partance pour Kingakati, la boutade du Sénateur André Kimbuta à son collègue candidat à la Deuxième Vice-présidence : ‘’Félicitations vieux Bush ! Nayokik’ozui bébé yasika ! Mais, denge ozokota Gouvernement, tokobanda ko kabola bitumba awa na sénat, parce que mère mutu a ko remplacer yo’’(Félicitations vieux Bush ! J’ai appris que vous avez un nouveau bébé. Comme vous allez faire votre entrée au Gouvernement, nous allons commencer à régler les différents au sein du Sénat). Une boutade, bien qu’à l’habitude de l’ancien Gouv de Kinshasa qui a été une alerte qui n’a pas malheureusement soulevé le reflexe du grand professeur. C’est plus tard que d’aucuns ont cru que Ya André, indiscret, a fait passer un message codé que le prof Boshab n’a pas su décrypter beaucoup plus tôt.

Dossier à suivre

Nicole Kakese/CP

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