Démission du Minisite Oly Ilunga : Une fuite en avant !


24 Jul

En effet, il est vrai que la démission est un acte par lequel une autorité publique ou privée renonce à ses fonctions. Soit, pour des raisons personnelles ou pour des raisons légales. Cependant, il sied de rappeler que   tout membre du gouvernement a le droit constitutionnel de démissionner,   au moment où il constate que la politique mise en place par sa hiérarchie ne le favorise pas de gérer son département ministériel  en toute indépendance ou soit pour des raisons personnelles. Il  est certes vrai que, la  préoccupation de savoir si un ministre d’un gouvernement démissionnaire peut-il démissionner, bien que la démission est un droit mais aussi une sanction en cas de démission d’office, il ne revient pas à un ministre d’un gouvernement démissionnaire dont l’acte de démission a été déjà déposé par le Chef du gouvernement, Bruno TSHIBALA ZENZHE, de démissionner, pour la simple et bonne raison que l’acte de démission du premier Ministre engage tous les membres du Gouvernement sans distinction aucune. Pour ce fait, tout membre du gouvernement est démissionnaire y compris le Ministre de la santé Publique, Monsieur Oly Ilunga, l’homme par qui le bulletin de santé du feu Patriarche Etienne Tshisekedi a été vendu au régime Kabila.   Sur ce, il est inadmissible, illogique voire irrationnel de concevoir une démission d’une personne qui n’avait plus les fonctions de Ministre à partir du moment où le Chef de l’équipe gouvernementale avait bel et bien déposé la démission de tout son gouvernement, qui du reste ne fait qu’assurer la gestion des affaires courantes.

Ainsi, il est loisible de comprendre que sur le plan juridique, sa démission est inexistante et en conséquence, le Ministre de la santé publique doit continuer à servir la République dans la gestion des affaires courantes jusqu’à l’investiture de la nouvelle équipe gouvernementale, car le fait pour ce dernier de quitter le Ministère sans assurer la gestion des affaires courantes pécherait contre le principe général du Droit Administratif « de la continuité de l’Etat et des services publics ».  Au-delà de ce constat, ce Ministre peut se voir inquiété pénalement pour l’abstention coupable d’une infraction prévue par le code pénal livre II. Ainsi donc, sur le plan administratif, le Président de la République ne peut pas prendre acte d’une démission inexistante d’un Ministre dont les fonctions ont été déjà retirées d’abord par la démission du Premier Ministre Bruno TSHIBALA par la suite, par l’ordonnance du Président de la République portant nomination d’un nouveau premier Ministre au nom de Sylvestre ILUNGA ILUKAMBA  de peur que nous ayons un vide juridique. Enfin, sur le plan politique, la démission du Ministre de la santé publique s’interprète comme un acte d’une fuite en avant depuis que le Chef de l’Etat a voulu reprendre la supervision de la riposte à la maladie à virus Ebola qui a déjà tué plus de 1700 personnes. Pour le commun de mortels, on comprend que la reprise par le Chef de l’Etat de la supervision de la riposte contre la maladie à virus Ebola, a coupé de l’herbe sous les pieds du Ministre qui avait fait de ce carnage son fonds de commerce à travers ce que d’aucuns ont qualifié d’Ebola Business.

Bien que la démission soit un droit et une sanction en cas de démission d’office, il ne revient pas à un Ministre d’un Gouvernement démissionnaire de « démissionner » pour la simple raison que l’acte de démission du premier Ministre, Chef du gouvernement l’engage. Ce qui revient à dire que sa démission n’a pas d’impact sur le plan juridique, car c’est un acte inexistant. Sur le plan administratif, le Président de la République ne peut prendre acte d’une démission d’un Ministre qui ne fait qu’assurer la gestion des affaires courantes au nom du respect du principe général du droit Administratif « de la continuité de l’Etat et des services publics » afin d’éviter un vide ou soit la vacance du Ministre de la santé publique. Par contre, sur le plan politique, cela peut être une façon pour le Ministre de la Santé Publique de quitter le gouvernement TSHIBALA dans le but de fuir les poursuites contre lui au regard de la gestion calamiteuse des fonds alloués à la riposte contre la fièvre à virus Ebola dont il avait écarté les experts congolais qui ont prouvé de quoi ils étaient capables en Afrique de l’Ouest et en RDC au profit de ses enfants engagés au Cabinet qui ne maîtrisent pas les réalités de la RDC.

Meschack LUABEYA MUYA 

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