Après leur invalidation par la CENI : Jean-Pierre Bemba et d’autres candidats invalidés saisissent la Cour constitutionnelle


06 Aug

saisi lundi 27 août la Cour constitutionnelle pour contester leur exclusion de l’élection présidentielle par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Cinq des six recalés ont saisi lundi la Cour Constitutionnelle après l’invalidation de leurs dossiers vendredi par la Centrale Electorale : l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba et trois ex-chefs du gouvernement, Samy Badibanga, Adolphe Muzito et le patriarche Antoine Gizenga.

Les deux autres recalés, deux inconnus, ont aussi saisi la Cour dans le délai légal de 48 heures . La publication de la liste définitive des candidats est prévue le 19 septembre, à trois mois des élections annoncées pour le 23 décembre. La Commission Electorale a retenu au total 19 candidatures sur 25.

LA CENI ACCUSÉE D’OBÉIR AUX « INJONCTIONS » DU PRÉSIDENT SORTANT

L’opposition a accusé la CENI d’obéir aux « injonctions » du président Joseph Kabila et ses alliés pour éliminer les candidats sérieux. « Le verdict de la Cour constitutionnelle est connu d’avance », s’est insurgé le mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA). LUCHA cite le nom du président de la Cour, Benoît Lwamba, ancien conseiller du président Kabila, et de Norbert Nkulu, un des trois juges nommés il y a quelques semaines et qui passent tous pour des fidèles.« Il n’y a pas d’inclusivité en dehors de la Constitution, en dehors des normes légales », a répondu le porte-parole du Gouvernement, Lambert Mende. « Pourquoi Joseph Kabila serait-il le seul à respecter la Loi ? », a-t-il ajouté. Le président, qui ne pouvait pas se représenter, a désigné un dauphin (Ndlr : Emmanuel Ramazani Shadary) après deux reports des élections depuis la fin de ses mandats en décembre 2016.

JEAN-PIERRE BEMBA TEMPORISE

« Voyons-voir ce que la suite va nous réserver au niveau de la Cour constitutionnelle », a temporisé sur France 24 Jean-Pierre Bemba, l’un des favoris à la succession du président Kabila avec ses bastions à Kinshasa et dans l’ouest. « Pour autant que la Cour soit indépendante », a aussi prévenu Bemba, écarté en raison de sa condamnation pour subornation de témoins devant la Cour Pénale Internationale (CPI).

Devant la Cour, les partisans des uns et des autres ont défilé à tour de rôle. La journée a commencé avec les soutiens d’Antoine Gizenga, 92 ans, Vice-Premier ministre au temps de Patrice Lumumba à l’indépendance en 1960 – et, plus récemment, ancien Premier ministre de Kabila (2006-2008). Antoine Gizenga représente le Parti Lumumbiste Unifié (PALU) face à un candidat dissident, Adolphe Muzito, lui aussi ancien Premier ministre.
Tous les deux ont été disqualifiés par la CENI, le patriarche parce qu’il n’aurait pas signé lui-même les formulaires, et Adolphe Muzito pour « conflit d’intérêt avec le PALU qui conteste sa candidature ».

Muzito avait annoncé en mars la fin de l’alliance électorale avec la majorité pro-Kabila. Il affirme avoir démissionné du PALU début août. En mars, le patriarche Gizenga avait été salué par le président Kabila en personne lors d’une rencontre.

DISQUALIFICATIONS POUR « DÉFAUT DE NATIONALITÉ D’ORIGINE »

Deux autres candidats ont été disqualifiés pour « défaut de nationalité (congolaise) d’origine » : l’ancien Premier ministre d’ouverture Samy Badibanga (novembre 2016-avril 2017) et la seule femme candidate, une haute fonctionnaire, Marie-Josée Ifoku Mputa.
La double nationalité est interdite en droit congolais. Samy Badibanga, « Congolais d’origine », « a déposé sa déclaration de recouvrement de la nationalité congolaise après sa renonciation à sa nationalité belge d’acquisition », selon un extrait du Journal officiel de la RDC.

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