Après le feuilleton Dorcas Makaya :


26 Jan

Une adolescente, aspirante tuée par la police
• Mwanza Kapangala Beshate s’en va sans avoir réalisé ses vœux de chasteté à l’Eternel suite à la barbarie des éléments de la Police Nationale Congolaise

5 morts selon les Nations Unies, 2 morts, selon la Police, 9 morts selon certains organisateurs, tel est le bilan macabre de la répression de la marche pacifique organisée par le Comité laïc de Coordination le 21 janvier dernier. Quel que soit le nombre, un mort de plus est une grande perte pour la Nation, mais surtout pour sa famille et cela devrait faire mal si l’on avait des dirigeants consciencieux et humains, a fait remarquer un activiste des Droits de l’homme. Du moins, pour ce dimanche 21 janvier, les manifestants ont marché sur une très longue distance avant d’être dispersé par les forces de sécurité à l’aide des gaz lacrymogènes et des balles réelles en leur direction. L’on a dénombré des morts à Lemba, à Kintambo, à Bandal, à Kalamu, à Limeté, au Camp Luka…
Bien plus grave, à Kintambo, c’est une fille d’un officier supérieur de la Police. Colonel de son état, il a perdu sa fille, aspirante, la réserve de l’Eternel, Mwanza Kapangala Beshate, résidant sise 301, avenue Matadi Mayo, dans la commune de Kintambo.

Après Makaya Dorcas, élève de 6ème c’est cette fille qui a été tuée dans l’enceinte de la Paroisse St François de Sales en présence du Député Sessanga dont les gardes du corps ont également reçu des balles.
Au niveau de la Rédaction d’IMPACT NEWS, il a été comptabilisé au moins 9 morts à ce jour. S’il faut ajouter ceux des cadavres qui sont enlevés immédiatement sur les avenues après avoir été abattu, par une jeep de la police affectée à cette fin, on peut aller au-delà.

De Dorcas Makaya à Mwanza Kapangala

Ayant reçu une balle en date du 31 décembre 2017, Dorcas Makaya n’était plus en mesure de parler, parce que sa mâchoire, ainsi que sa langue avaient été déchiquetées par une balle réelle en direction des manifestants, selon une source proche de la famille. Sa famille a crié sur les réseaux sociaux pour avoir des hommes de bonne volonté pour l’assister en vue d’aider sa fille à accéder aux soins dont une chirurgie plastique qui coûte excessivement très cher. Le cri d’alarme est lancé dans les réseaux sociaux avec sa photo d’hospitalisation à l’appui où on sait la voir placée sous les sondes dans la salle de réanimation des Cliniques Universitaires de Kinshasa. Les combattants basés en Europe se cotisent. L’information parvient aux oreilles de l’Opposant Moïse Katumbi. Celui-ci cherche les voies pour entrer en contact avec la famille de la victime. L’information parvient dans le camp de la mouvance présidentielle de Joseph Kabila. Celle-ci sent la terre s’écrouler sur ses pieds. Surtout que le Gouvernement par la bouche de son Porte-parole ou de la Ministre des Droits Humains avait déclaré que la police n’avait pas fait usage des balles réelles. Or, Dorcas Makaya en Europe, où savent se mouvoir Katumbi et d’autres Opposants, serait de l’eau au moulin de l’Opposition congolaise. Il faut trouver les voies et moyens pour l’en empêcher. Tshibala est contacté. Il appelle à son tour son Ministre des Droits Humains. Mme Marie-Ange Mushobekwa. Celle-ci est chargée non seulement de faire évacuer très vite la fille en Afrique du Sud pour les soins appropriés financés par le Gouvernement en vue d’achopper à la prise en charge par des Opposants ; mais aussi et surtout, obtenir de la fille que sa blessure viendrait d’une chute et non d’une balle. Cette version est déjà rédigée. Il faut aller tout simplement la faire signer par la fille qui ne sait pas faire usage de sa langue. Cela servira comme preuve à présenter devant le Conseil des Nations Unies aux Droits de l’Homme où la RDC siège. Rien ne doit filtrer de cette visite.

De la visite cynique

Kinshasa 08 janvier 2018, il est 14 heures, heure de la capitale. La délégation de Mme le Ministre des Droits Humains arrive aux Cliniques Universitaires où est hospitalisée Mlle Dorcas Makaya. Les gardes de l’hôpital apprennent sur le champ qu’il s’agit de Mme le Ministre des Droits Humains, Marie-Ange Mushobekwa. Elle désire rencontrer avant toute chose le Médecin Directeur. Celui-ci est absent de son Cabinet. Elle est conduite très vite auprès de l’Adjoint au Médecin Directeur, Dr Biselele. Elle se renseigne s’il y a une victime dans sa formation médicale de la répression de la manifestation du 31 décembre 2017. L’adjoint au Médecin Directeur se renseigne. Il y a une fille dans la salle de réanimation. Le responsable de la réanimation est contacté. L’on y conduit la Ministre avec interdiction de prendre les images. La Ministre demande tout de même qu’elle soit accompagnée d’une personne, membre de sa délégation. C’est Rachel Kitsita, Journaliste à Numerica TV et à Actualité.cd. Il lui est permis d’entrer avec son téléphone. La Ministre demande l’autorisation aux médecins traitants de la fille de prendre quelques images à l’attention particulière de sa hiérarchie. Ces images ne seront pas à diffusées, jure-t-elle devant les responsables de l’hôpital. Il lui est autorisé. Rachel Kitsita prend le son et surtout les images de la copie de la conversation de Mlle Dorcas Makaya qui raconte : ’’Je suis sortie de chez moi, envoyée pour acheter du pain. Je me fais accompagner de ma copine Sarah et de mon jeune frère. Nous ne trouvons pas de change de la monnaie. Comme il y a des échauffourées, j’exige à mon jeune frère de regagner la maison. Subitement, je vois les gens en train de courir dans tous les sens. Je me mets aussi à courir, avant de me retrouver à terre. Je me relève et poursuis ma course jusques chez moi. C’est là que je vois que mes sœurs sont en train de pleurer s’apitoyant sur moi’’. Une version retranscrite sur le papier que publie Kitsita. Le stylo tenu par la fille parait bleu, mais son encre est noire.
Des questions méritent d’être posées à ce niveau : Comment quelqu’un blessé à ce niveau, avec la pulsion du sang lorsque l’on a reçu une balle, ne peut pas se rendre compte de sa blessure pour juste réaliser que ses sœurs sont en train de pleurer avant d’être conduit à l’hôpital ? Un mensonge cousu de fil blanc obtenu après avoir exercé une pression sur la fille dont le traumatisme dû à cette blessure, qui n’est pas seulement physique, mais psychique et psychologique est enfoncé par le cynisme d’un Gouvernement qui veut se disculper.

L’entretien termine au bout de 10 minutes. La fille ne sait pas poursuivre. Elle signe un échange avec le Ministre sur un ton de remerciement au Premier Ministre Tshibala pour qui elle demande la bénédiction de Dieu.
La Ministre quitte l’hôpital. Elle demande à Rachel Kitsita de monter à bord de sa jeep. Celle-ci ne sait pas monter à l’arrière où se trouve la Ministre par respect. Elle est jetée dans le coffre de la jeep. Le problème de la ministre est que Rachel Kitsita lui transfère les images. Le dossier pèse lourd. Rachel Kitsita est obligée d’arriver au Cabinet de Mme le Ministre pour le transférer sur son ordinateur. Elle est toujours dans le coffre, par respect à ‘’Dada’’, Grande sœur.

A son Cabinet, Mme Marie-Ange Mushobekwa change. Elle dit que la presse dont son attachée de presse travaillant à Antenne A peut diffuser l’élément. Mais il faut, au moyen des paysages, cacher le visage de la victime. Rachel Kitsita rentre à la rédaction. Elle monte son élément. Celui-ci ne peut passer. Il est venu en retard. Toutefois, elle remarque que l’Attaché de presse de Mme le Ministre Mushobekwa a fait diffuser l’élément sur Antenne A. Elle n’a pris aucune précaution pour cacher le visage de la victime. Rachel Kitsita pique une crise de sainte colère. Elle diffuse quand même son élément sur Numerica. Le mercredi 10 janvier, l’élément est rediffusé sur Antenne A. Kitsita trouve que l’interdiction de diffuser ces images a été violée par la Ministre elle-même et son Cabinet. Elle publie l’information sur son compte tweeter le soir du 10 janvier 2018. Le lendemain, c’est Sisco Mayala qui rend à sa façon l’information. Il exagère quand même, parce qu’il donne la Ministre s’être rendu aux Cliniques universitaires à minuit. Ce qui est faux. La mère des orphelins, qui a introduit Rachel Kitsita dans son intimité se sent trahie. Elle appelle celle-ci sous un ton grave et menaçant :’’Tu dois démentir ton information. Ce n’est pas la première fois que tu m’attaques. Tu m’avais traitée de voleuse dans un forum what’Apps des Journalistes (NDRL : Journaliste en Action, créé par Paulette Kimuntu, transformé en ASBL). Les captures d’image m’ont été envoyées. Je t’ai pardonnée. Mais là, tu t’es laissée entrainer dans le sensationnel pour me nuire. Je vais aussi réagir si tu ne corriges pas’’. Rachel Kitsisa sent qu’il s’agit là d’une menace. Elle demande conseil aux ainés. Ils lui conseillent de ne pas agir sur l’émotion. Toutes ses tentatives de demander pardon à la Ministre sont vouées à l’échec. Celle-ci lui oblige de faire le démenti sur son compte Tweeter ou Facebook. Kitsita est bouleversée. Elle ne sait pas engager un bras de fer avec la Ministre qu’elle considère comme sa sœur. Elle ne sait pas non plus comment faire face aux menaces de sa sœur. Elle est finalement traumatisée. Elle décide de ne pas réagir et attendre que le vent passe pour donner sa version des faits. Elle refuse de céder aux insistances de la corporation.

Voilà comment finit ce feuilleton. Entre temps, la fille Dorcas est Makaya évacuée tard dans la nuit du jeudi 11 janvier 2018 vers l’Afrique du Sud. C’est Marie-Ange Mushobekwa qui est aux pieds de l’avion médicalisé qui l’amène en Afrique du Sud. Rachel Kitsita reconnait auprès de ses amis de la manière dont Mushobekwa sa sœur a été émue après son entretien avec la victime. C’est elle qui s’est impliquée pour l’évacuation de la fille, en appelant dans sa jeep ses collègues Ministres de la Santé publiques et des Affaires étrangères pour ce faire.
Mais, les gens n’ont pas compris la pression exercée sur la fille pour qu’elle puisse tronquer la vérité contre sa prise en charge par le Gouvernement.
Dans l’émission Kiosque d’hier, diffusée sur CCTV, Mike Mukebayi, patron de RDCONGONEWS, a appris aux téléspectateurs que le Gouvernement n’a pas encore versé un seul rand pour la prise en charge de cette fille qui risque de mourir en Afrique du Sud pour des raisons politiciennes.
Toutefois, Mushobekwa a appris, le lendemain de sa visite aux Cliniques Universitaires, qu’une dame avait également reçu une balle qui a été heureusement extraite.
Dossier à suivre.
Nicole Kakese/CP

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