TENAFEP ET EXETAT COMME MARCHANDISES ET NON DROIT A L’EVALUATION SCOLAIRE


20 Jun
20Jun

En mémoire du massacre des enfants innocents à SOWETO en 1976 par le régime raciste d’apartheid alors au pouvoir en Afrique du Sud, la Conférence des Chefs D’État et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) aujourd’hui Union Africaine (UA), a institué à travers la Résolution CMRes-1290 (XL) de juillet 1990, la Journée de l’Enfant Africain qui se célèbre le 16 juin de chaque année. Cette année le thème choisi est l’ Action Humanitaire en Afrique: les droits de l’Enfant d’abord “, c’est dans ce cadre que l’Action Contre les Violations des Droits des Personnes Vulnérables ACVDP membre du REPRODEV et de la CONEPT/RDC publie son troisième rapport sur le TENAFEP et les Examens d’Etat dénommé « Tenafep et Exetat comme Marchandises et non Droit à l’évaluation Scolaire ». Ce rapport de l’Action Contre les Violations des Droits des Personnes Vulnérables (ACVDP) porte sur les frais de l’Examen National de Fin d’Etudes Primaire (ENAFEP) ex TENAFEP et de l’Examen d’Etat (EXETAT) pour l’année scolaire 2018-2019 dans 50 écoles primaires et secondaires publiques et privées situées dans les communes de Barumbu, Kimbanseke/Mokali, Kinshasa, Kisenso, Limete/Kingabwa et Mombele, Masina, Ndjili et Nsele de la ville province de Kinshasa dans le but de comprendre le contexte général de l’application des droits économiques, sociaux et culturels particulièrement le droit à l’éducation.

Entre le 04 mai et 02 juin 2019 soit pendant 28 jours, l’ACVDP a collecté des données relatives aux frais demandés aux parents d’élèves pour l’ENAFEP (TENAFEP) et EXETAT 2019 dans 8 communes.

Au total, 150 personnes respectivement 91 du sexe masculin et 59 du sexe féminin ont été enquêté dont 50 par catégorie à savoir : la catégorie Enseignants, Directeurs des écoles primaires, enseignants et des Inspecteurs, la catégorie parents d’élèves et communauté et la catégorie élèves de la 6ème primaire et secondaire.

Tous sont en mesure de confirmer que la fixation par les autorités de la ville province de Kinshasa des frais d’ENAFEP (TENAFEP) et EXETAT ne tienne pas compte du pouvoir d’achat de la population, des instruments juridiques des droits de l’enfant tant nationaux qu’internationaux ratifiés par la RD Congo.

Pour qu’un élève finaliste de la 6ème primaire présente l’ENAFEP (TENAFEP), son parent doit d’abord payé les frais qui s’élève entre 20000FC à 40000FC et entre 15$ à 20$ selon les écoles au lieu de 17500FC fixé par le Gouverneur soit une augmentation de plus de 20% par rapport aux frais perçus en 2017-2018 qui s’élevait à 15500FC alors que le pouvoir d’achat de la population (parents) demeure le même sans tenir compte de la dévaluation de Francs Congolais, deuxièmement conditionné par le paiement des frais complémentaires comme l’orgamat, le macaron, les frais d’inspecteur dont le cout s’élève entre 1000FC à 3000FC, les frais du chef de centre à plus ou moins 2500FC alors que le budget national a pris en charge les frais de cet examen.

Quant à l’EXETAT, le montant payé par l’élève finaliste de la 6ème secondaire varie entre 100000FC et 200000FC et 100$ à 200$ selon les écoles alors que le frais fixé par les autorités de la province est de 84000FC dans l’ensemble pour les hors sessions et les sessions proprement dites. Par rapport à l’année scolaire 2017-2018, il y a une augmentation de plus de 100% alors que les conditions de vie socio-économique des parents n’ont pas été améliorées. Outre ces frais, les parents d’élève étaient obligé de payer d’autres sommes à savoir :

- Les frais pour les membres du jury

- Les frais pour les macarons

- Les frais de photo passe port

- Les frais pour le professeur qui accompagne les finalistes vers le centre

- Les frais de transport pour le chef du centre

- Les frais pour le surveillant

- Les frais de suivi

Le résultat présenté dans ce rapport ne concerne que les 50 écoles publiques et privées des 8 communes précitées. Les deux tests d’évaluation sont des marchandises qu’on vendent aux parents et non un droit.

Sur les 150 personnes enquêtées dont 91 hommes et 59 femmes, 90 personnes soit 60% demandent la suppression des frais de participation, 20 personnes soit 13.3% veulent la réduction à 80% des frais demandés et 40 soit 26.7% maintiennent les frais.

Malgré le discours des autorités de mettre de fin au système de prise en charge du système éducatif au niveau fondamental par les parents, les réalités sur terrain sont contraires, le rapport confirme le financement de l’ENAFEP (TENAFEP) et EXETAT par les parents alors que le budget national s’en occupe.

Le rapport conclut une série de recommandations, prenant en compte les obligations de l’Etat selon les instruments juridiques internationaux des droits de l’enfant comme la Convention relative aux droits de l’enfant (article 28), la déclaration universelle des droits de l’homme (article 26), l’ODD4 ; la Constitution Congolaise (article 43), la Loi Portant Protection de l’Enfant Congolais (article 38 alinéa 2 et article 39), la loi cadre de l’enseignement national sans oublier l’engagement pris par le Chef de l’Etat lors de son investiture le 24 janvier 2019 par rapport à la gratuité et sur le rôle de la société civile. La mise en œuvre de ces recommandations par les autorités congolaises est essentielle afin d’assurer le respect du droit à l’éducation reconnu à chaque enfant congolais spécialement de rendre l’accès, la rétention et la qualité de l’éducation à tous les êtres humains âgés de moins de 18 ans premièrement et deuxièmement à supprimer carrément les frais de participation à l’ENAFEP (TENAFEP) et aux EXETAT car ces derniers ont été toujours pris en compte dans le budget de l’Etat, troisièmement de punir Tout gestionnaire de l'enseignement primaire, secondaire et professionnel public qui exige des frais autres que ceux prévus par les textes légaux enfin de l’augmentation de ce budget à plus de 25%.



 Crispin KOBOLONGO KONGUNDE

                                                   Président

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