Les agents de Kibali lancent une invitation à Joseph Kabila


24 Mar

Le programme quinquennal  du Président Joseph Kabila résumé en Cinq Chantiers de la République renouvelés en Révolution de la Modernité a été un leurre dans beaucoup de milieux. Sauf dans la province de Haut-Uélé, précisément dans les deux territoires de Faradje et de Doko. Là, le Code minier de 2002 a attiré un grand investisseur qui est en train de transformer ce coin en un paradis sur terre. De 20.000 âmes qui habitaient Durba à l’avènement de Kibali Goldmines en 2009, l’on en compte plus de 500.000 habitants aujourd’hui, installés dans les conditions modernes avec des écoles, hôpitaux et infrastructures de base, construits en matériaux durables. 

Une fierté pour l’investisseur qui a réussi à mettre le sourire sur les visages pauvres des habitants de ce coin qui n’ont plus rien à envier à certains chefs-lieux de certaines provinces dans un milieu enclavé où pareille transformation et développement durable ne pouvaient être qu’un rêve irréalisable. Il n’y a ni chemin de fer, ni route viable, ni aéroport. Ce qui a contribué à l’enrichissement des pays frontaliers dont l’Ouganda par où on est obligé de passer, lorsqu’il faut se rendre à Durba.

C’est grâce à la société Kibali Goldmines SA qui est une Joint-Venture entre la Sokimo (10 %), Randgold (45%) et Anglo Gold Ashanti  (45%). Son domaine minier est situé au Nord-Est de la RDC à 150km d’Aru, à la frontière avec l’Ouganda. Il est situé dans un périmètre consolidé d’une superficie de 1836 km2 , constitué de 10 Permis d’Exploitation ( PE 5052, 5073, 5088, 11447, 11467, 11468, 11469, 11470, 11471 et 11472)  répartis entre les territoires de Watsa et Faradje dans la Province du Haut-Uélé Exploité par Randgold Resources.

Histoire d’amour avec la RDC

Kibali Goldmines SA est une histoire d’amour entre un homme et la RDC. C’est l’amour que porte cet homme, vis-à-vis du pays de Lumumba. Dr Mark Bristow, puisque c’est de lui qu’il s’agit, Président Directeur Général de Randgold Ressources, a aimé la RDC pour avoir visité la mine de Moto Goldmines. Il l’a acquis à 70% qu’il a  avec Anglo Gold Ashanti via une offre publique en décembre 2009. Puisqu’il n’aime pas travailler dans un pays sans qu’il y ait la part de la société de l’Etat, il a racheté les parts de l’Etat congolais mises en vente à l’époque, 30% dont il a laissé 10% à SOKIMO, société de l’Etat.

Contexte de l’investissement

 A cette époque, la production d’un lingot d’or coûte environ 500$ pour sa vente sur le marché à environ 1500$, sans compter les taxes et charges ordinaires.

Aujourd’hui, le lingot d’or se négocie à 1200 $ sur le marché mondial, voire 1000$. Ce qui ne représente pas le contexte de 2009. A l’époque, la mine est occupée par les exploitants artisanaux et des villageois dans les conditions inhumaines. C’est une brousse et une forêt qui jonchent le village. 

Kibali mène les études d’impacts sociaux et environnementaux. La population est délocalisée, ensemble avec ses églises et ses cimetières construits dans les conditions ultramodernes.

Kibali réhabilite la route Doko-Aru de plus de 160 Km jusqu’à la frontière avec l’Ouganda en 2010. Les travaux du site de réinstallation de Kokiza débutent en février 2011. En septembre 2013, le Ministre Martin Kabwelulu inaugure au nom du Président de la République la coulée du 1er lingot d’or.

Cette production a été le fruit de la mise en service et optimisation de l’usine métallurgique et ses infrastructures associées en 2014. Kibali lance la Centrale hydroélectrique de Nzoro 2 en 2015 et permet ainsi d’augmenter l’alimentation de la mine souterraine et du circuit complet des ovidés des 2 nouveaux puits satellites. Et la production est ainsi maximisée au-delà des prévisions en 2016. Une deuxième Centrale hydroélectrique est mise en service au cours de l’année 2017, ensemble avec les puits et l’utilisation du système d’exploitation de la mine souterraine. Les travaux d’Azambi, troisième Centrale hydroélectrique sont lancés. Ils sont entrepris par une expertise exclusivement congolaise, animée par de jeunes ingénieurs congolais sous la direction de Monsieur Fény Samuel Matsando, Directeur Général de InterOriental Build, IOB, en sigle.

Avec la construction de ces usines dans les conditions ultramodernes et suivant la technologie de dernier cri, les minerais sont hissés du puits vertical et d’autres sont extraits des inclinés.

Kibali a entamé ainsi le développement souterrain et l’exploitation minière qui se démarque du modèle minier traditionnel africain avec un système intégré et automatisé de manutention et de hissage du minerai. Ici, des chargeuses multiples sans conducteur fonctionnant uniquement en mode d’automation procèdent au pavage de la galerie de roulage à sens unique et en béton compacté au rouleau à forte tension qui a amélioré ainsi l’efficacité du puits vertical. Le système de manutention souterrain est achevé et mis en service avec des travaux sur la fragmentation améliorée en cours avec une optimisation plus poussée et augmentation supplémentaire de la capacité du système de manutention des matériaux jusqu’à 3,4 millions de tonnes dont l’achèvement est prévu au cours de ce mois. Kibali bénéficie pleinement de l’usage du puits et du système de manutention des matériaux depuis la fin du quatrième trimestre 2017.

Protection de l’environnement.

Kibali est très préoccupé par la protection de l’environnement. Dans le traitement des minerais, Kibali utilise les acides dont le cyanure. Pour préserver l’environnement, cette société a construit un parc de stockage des résidus. Kibali ne laisse pas l’eau ruisseler dans la nature. L’eau que l’usine utilise est recyclée dans cette installation et renvoyée pour une réutilisation. Cette installation de désintoxication des eaux résiduelles permet ainsi à l’entreprise de recycler l’eau. Il faut ajouter à cette installation, le forage de stérilisation qui est également terminé.

Sécurité

La société Kibali est une des rares qui a maximisé les conditions de travail pour éviter les accidents de travail. C’est ainsi qu’elle a entrepris des séances de travail et de formation avec ses agents et visiteurs pour ne pas connaitre des accidents dans sa concession, autant dans le camp Doko que dans les usines ou dans les mines souterraine ou à ciel ouvert.

Malgré ces formations, l’on a déploré jusqu’à ce jour, 6 accidents avec perte de poste. Le taux de fréquence des accidents avec perte de poste est passé de 0,47 en 2017 contre 0.44 en 2016. Ce qui justifie l’augmentation des séances de sensibilisation et de mise en application des évaluations de risque avant le démarrage et plus d’attention accordée aux consignes de sécurité en milieu de travail. Au cours de ces séances de formations, il a été mis l’accent sur un modèle comportemental au cours de l’atelier d’alignement des normes de sécurité avec le DG des opérations.

Un audit interne ISO 45001 a été réalisé et des actions spécifiques identifiées avant la publication des normes de Sécurité. Il faut aussi souligner une nouvelle certification

ISO 14001 qui a été obtenue. La mine est passée au nouveau système après la validation menée par NQA.

Ce qui justifie une verdure dans les environs de cette entreprise. Kibali a gardé intact son partenariat avec le parc de Garamba dans le cadre de l’environnement.

Le personnel

Kibali est une société exclusivement congolaise, dirigée par les Congolais qui occupent tous les postes de responsabilité. Qu’il s’agisse des employés proprement de Kibali ou ceux de ses sous-traitants, Kibali est une fierté congolaise.

A ce jour, sur l’ensemble des emplois directs ou indirects créés à travers ce projet, l’on estime à 14% des employés nationaux, soit 793 agents et cadres ; 2% des employés expatriés, soit 108 personnes qui sont essentiellement dans la construction de la mine souterraine qui sont en train de former les Congolais ; 74% des employés des sous-traitants nationaux, soit 4124. Au total, l’ensemble du personnel de Kibali donne 8% pour les employés expatriés contre 92% des employés nationaux.

Contribution à l’économie nationale

Kibali est le plus grand contributeur à l’économie nationale dans le secteur minier. Il est aussi le plus enclavé de tous les investissements miniers dans une province où il n’y a pas de routes. Pour s’y rendre de Kinshasa, il faut traverser deux pays, Kenya et Ouganda, accepter de payer les visas de transit, la restauration et le séjour dans ces pays avant de se rendre à Doko.

Il faut ajouter à ce défi, la carence en énergie électrique pour laquelle la firme construit elle-même ses propres centrales hydroélectriques.

Il en va de soi que cette entreprise souffre jusqu’à ce jour du non remboursement de sa TVA qui s’élève à plus de 200 Millions de dollars américains. Kibali a contribué à ce jour, en termes de l’impôt sur les Profits et bénéfices, $21,835,872.79 ; Redevance minière, $82,915,261.93 ; Droits de douane $133,965,460.89 ; Taxes et contributions des travailleurs, $38,389,205.47 ; Taxes à l’Exportation $5,502,009.09 ; Droits superficiaires $9,393,853.67 ; Droits superficiaires province, $140,293.79 ; CEEC 1% Taxe d’exportation $31,424,747.85 ; autres taxes $ 1,880,052.44 ; pour un total de $325,446,757.93 ; portion des 40% de la redevance (non effective)

$33,166,104.77 dont 192.2 Millions $ encore impayés au 31 décembre 2017 (169.6 Millions$ en TVA impayée et 22.6 M $ en chèques sans prévisions non réglés), en violation du code minier et des conditions fixées par la loi sur la TVA.

Craintes et défis

Et pourtant, Kibali attend produire cette année avec sa production accrue grâce à l’optimisation de l’automatisation de l’exploitation souterraine et augmentation de la capacité du puits en matière de tonnage à sa mine souterraine, plus de 730 000 oz d’or. C’est pendant que cette firme a atteint sa phase de production accrue et qu’elle s’apprête à rembourser les fonds empruntés auprès de ses bailleurs que le Gouvernement congolais a décidé de réduire à néant tous les efforts fournis et tous les sacrifices endurés. Suite au nouveau Code minier adopté au Parlement et promulgué par le Président de la République, que les agents et cadres de cette entreprise se sentent en insécurité. A la base, c’est le fait du Président de la FEC, également Président du Conseil d’Administration de la GECAMINES, entreprise de l’Etat, d’avoir réduit tous les problèmes miniers à la seule ex Province du Katanga. L’ex Katanga a les infrastructures routières, le chemin de fer, l’énergie électrique, des installations minières depuis l’époque coloniale et une mentalité du travail. Ce qui n’est pas le cas avec d’autres provinces qui ont également les opportunités dans le secteur des mines. Mais Yuma réduit les solutions à apporter au secteur minier aux seules matières de cobalt et de cuivre.

C’est pour cette raison que les sept grands miniers ont quitté la FEC, parce qu’ils ont estimé qu’ils n’ont pas été bien défendus par celle-ci lors de la négociation de ce Nouveau pacte minier. Yuma a traduit à travers la révision de ce Code minier, a ses problèmes particuliers avec Monsieur Dan Getler. Ce qui fausse la suite des événements dans ce secteur.

Conséquence, les agents et cadres de Kibali en appellent à la sagesse du Président de la République pour ne pas subir le sort de leurs semblables qui travaillaient à l’époque dans Comisa et Frontier dont les travaux ont été interrompus. Aujourd’hui, la mine de Lonshi et les camps construits sont restés. La mine a été noyée. Le cuivre découvert dans le Kongo Central n’est pas exploité. Il faut que le Président de la République pèse de tout son poids pour que le même sort ne se répète avec le seul projet qui traduit réellement sa vision de la Révision de la Modernité.

Ils ont lancé une invitation, à travers le Président de la Délégation syndicale, Monsieur Placide Adrupiako et du Directeur de la Mine, Monsieur Jean Kasongo, au Président de la République, pour qu’il vienne palper du doigt l’œuvre de ses mains et le seul projet qui résume sa vision de la RDC. Dans notre prochain numéro, nous allons revenir sur l’implication de Kibali dans la communauté de Durba et sur sa contribution à la production, transport et fourniture de l’énergie électrique.

Dossier à suivre.

De notre Envoyé Spécial

Joël Cadet N. NDANGA

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