Banro en faillite au Canada mais en exploitation en RDC


03 Apr

Banro en faillite au Canada mais en exploitation en RDC

  • Quel paradoxe ?

L’Observatoire des Ressources naturelles en Afrique australe -SARW- en collaboration avec l’ambassade du Canada en RDC ont organisé le 18 mars à Kinshasa, une matinée d’échanges sur la responsabilité sociétale des entreprises.


Le gouvernement canadien à travers le ministère du Commerce international a toujours incité ses entreprises à respecter les obligations sociales dans les pays d’accueil. L’ambassadeur Nicolas Simard accompagne les compagnies canadiennes basées au Congo dans cette démarche. Il fait rapport au gouvernement de son pays sur les activités des entreprises. A travers, un ombudsman, le Canada peut interpeller les entreprises qui ne respectent pas les obligations sociales dans les pays hôtes.


Banro Corporation est-elle une entreprise canadienne ou non ?


Depuis des années, Banro exploite de l’or dans le Sud-Kivu précisément à Twangiza et Namoya. Cette entreprise est tombée sur les carrés miniers appartenant jadis à la SOMINKI, une société  publique. De temps en temps, Banro est à couteau tiré avec les communautés locales qui l’accusent de ne pas respecter son cahier des charges. L’entreprise à son tour déplore l’envahissement de ses concessions par les orpailleurs clandestins. Cette situation débouche souvent sur les violations des droits de l’homme.  Un intervenant à la conférence s’est adressé à Nicolas Simard sur la conduite de Banro. La réponse de l’ambassadeur a surpris toute l’assistance. Ce dernier a déclaré que les problèmes que connaît cette compagnie ne concernent pas le Canada dans la mesure où Banro est tombé en faillite et n’est plus coté à la bourse de Toronto. A cause de l’endettement, la compagnie a cessé ses activités au Canada. Par conséquent, le Canada ignore sa domiciliation actuelle.  Créance vis-à-vis de quel débiteur ? C’est grave ! Comment Banro peut-il déclarer faillite au Canada à l’insu du gouvernement congolais, alors qu’il continue à exercer ses activités d’exploitation sur le terrain ? Cette faillite n’aura-t-elle pas des conséquences sur la RDC ? Si la faillite est réellement constatée au Canada ? Que dit la loi du pays hôte ? Qui est qualifié pour déclarer la faillite d’une société en RDC ? Est-ce une situation similaire à celle de Bazano au Katanga il y a quelques années ?

Gaby KUBA BEKANGA

Commentaires
* L'e-mail ne sera pas publié sur le site web.